Face Nord des Grandes Jorasses - Voie Gousseault-Desmaison

Publié le par Yann Borgnet

342 heures dans les Grandes Jorasses, voilà un livre qui m’a beaucoup inspiré dans ma jeunesse. Cette voie, plus que d’autres, est le fruit de la construction d’un mythe bien tenace. Outre la logique de l’itinéraire, c’est plus pour le côté historique et affectif que j’avais une envie presque viscérale d’y mettre les pieds !

Je devais avoir 14 ans, quand, commençant l’alpinisme, j’avais assisté à une projection du film de Berhault sur la traversée des Alpes. Outre une fascination pour le personnage, j’avais retenu le passage où il parlait de cette voie, la décrivant comme très peu répétée. Dès lors, je m’étais mis dans l’idée de la faire, un jour, tout en me disant que je n’aurais jamais le niveau ! 

 

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Aujourd’hui, c’est chose faite, et c’est de loin la plus belle voie de mixte que j’ai pu gravir. Lorsque 80m sous le sommet, nous tombons sur le vieux réchaud de la cordée Desmaison/Gousseault, on se dit “c’est là”, l’émotion monte, je repense à ces 7 journées passées à attendre dans la tempête, dont l’issue est connue de tous. Là, c’est une pauvre banquette inclinée, même pas la place de s'asseoir correctement, un mauvais relais pour la voie, alors je vous laisse imaginer pour un bivouac. 2 longueurs, c’est ce qu’il manquait à la cordée pour sortir, dont 1 facile... 

C’est en compagnie de Michel Coranotte, et de la cordée Dumarest/Duhoux que je pars pour cette nouvelle aventure alpine. Ma nouvelle vie étudiante rennaise me laisse peu de répit pour pratiquer ma passion. Alors que la météo annonçait une semaine de vacances digne d’un mois d’automne, un créneau semble se dessiner pour la fin de la semaine.

Vendredi 28 octobre : montée au refuge de Leschaux, repérage de l’itinéraire et dodo à 19h !

 

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Samedi 29 octobre : lever 2h45, approche jusqu’au pied du Linceul. Nous gravissons les 3 premières rampes. À 21h, à défaut d’atteindre R26 où le bivouac est royal, nous nous contentons de deux petites marches quelques longueurs en dessous.

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00h30, nous nous couchons enfin, après avoir mangé, bu et rempli les thermos. L’installation du bivouac révèle tout un stratagème. Je me confectionne un système de hamac avec des sangles, et mon sac à dos comme support de mes jambes. C’est spartiate, mais ça s’avère presque confortable !

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Dimanche 30 octobre : lever 5h, ancienne heure, 4h nouvelle heure... D’habitude j’affectionne tout particulièrement cette nuit où l’on gagne une heure de sommeil. Cette fois-ci, c’est le lever du jour qui dicte nos actions. La sortie du duvet est un moment difficile, mine de rien, ça caille ! 7h30, nous attaquons. En fait, les bons bivouacs n’étaient qu’à 2 longueurs faciles... Nous quittons bientôt cette 3ème rampe par 3 longueurs en traversée ascendante à droite. Ça grimpe en dry, c’est magnifique, ça me rappelle l’Écosse et ses fissures rébarbatives ! La suite? Du mixte délicat, des petit placages, et encore quelques beaux mouvements de dry. Bientôt le fameux bivouac 80m sous le sommet, les 2 longueurs, la corniche, le sommet, la joie sur tous les visages, l’émotion, un sentiment de plénitude renforcé par ce magnifique coucher de soleil, juste derrière le Mont Blanc... Et cette vaste étendue blanche, cette mer de nuage que l’on surplombe, n’est pas là un moment magique de la vie d’un alpiniste... Tous ces éléments qui font que malgré la rudesse du milieu, on y trouve un certain plaisir ! Le vent glacial nous rappelle à la raison. Il est 18h, nous devons filer côté italien !

19h, il fait nuit, nous nous posons aux rochers Whymper. Nouveau bivouac. Ce soir le vent est de la partie, mais nous sommes confortablement allongés, certes dans la neige !

 

 

342 heures dans les Grandes Jorasses, voilà un livre qui m’a beaucoup inspiré dans ma jeunesse. Cette voie, plus que d’autres, est le fruit de la construction d’un mythe bien tenace. Outre la logique de l’itinéraire, c’est plus pour le côté historique et affectif que j’avais une envie presque viscérale d’y mettre les pieds !

Je devais avoir 14 ans, quand, commençant l’alpinisme, j’avais assisté à une projection du film de Berhault sur la traversée des Alpes. Outre une fascination pour le personnage, j’avais retenu le passage où il parlait de cette voie, la décrivant comme très peu répétée. Dès lors, je m’étais mis dans l’idée de la faire, un jour, tout en me disant que je n’aurais jamais le niveau ! 

 

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La face Nord des Grandes Jorasses, la voie passe à gauche de l'éperon Walker


Aujourd’hui, c’est chose faite, et c’est de loin la plus belle voie de mixte que j’ai pu gravir. Lorsque 80m sous le sommet, nous tombons sur le vieux réchaud de la cordée Desmaison/Gousseault, on se dit “c’est là”, l’émotion monte, je repense à ces 7 journées passées à attendre dans la tempête, dont l’issue est connue de tous. Là, c’est une pauvre banquette inclinée, même pas la place de s'asseoir correctement, un mauvais relais pour la voie, alors je vous laisse imaginer pour un bivouac. 2 longueurs, c’est ce qu’il manquait à la cordée pour sortir, dont 1 facile... 

C’est en compagnie de Michel Coranotte, et de la cordée Dumarest/Duhoux que je pars pour cette nouvelle aventure alpine. Ma nouvelle vie étudiante rennaise me laisse peu de répit pour pratiquer ma passion. Alors que la météo annonçait une semaine de vacances digne d’un mois d’automne, un créneau semble se dessiner pour la fin de la semaine.

Vendredi 28 octobre : montée au refuge de Leschaux, repérage de l’itinéraire et dodo à 19h !

 

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Avec Michel Coranotte, petite pause sur le glacier de Leschaux


Samedi 29 octobre : lever 2h45, approche jusqu’au pied du Linceul. Nous gravissons les 3 premières rampes. À 21h, à défaut d’atteindre R26 où le bivouac est royal, nous nous contentons de deux petites marches quelques longueurs en dessous.

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Après 2 longueurs, on quitte le Linceul par une grande cheminée bouchée

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00h30, nous nous couchons enfin, après avoir mangé, bu et rempli les thermos. L’installation du bivouac révèle tout un stratagème. Je me confectionne un système de hamac avec des sangles, et mon sac à dos comme support de mes jambes. C’est spartiate, mais ça s’avère presque confortable !

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Bivouac, en s'organisant, on est presque bien !

Dimanche 30 octobre : lever 5h, ancienne heure, 4h nouvelle heure... D’habitude j’affectionne tout particulièrement cette nuit où l’on gagne une heure de sommeil. Cette fois-ci, c’est le lever du jour qui dicte nos actions. La sortie du duvet est un moment difficile, mine de rien, ça caille ! 7h30, nous attaquons. En fait, les bons bivouacs n’étaient qu’à 2 longueurs faciles... Nous quittons bientôt cette 3ème rampe par 3 longueurs en traversée ascendante à droite. Ça grimpe en dry, c’est magnifique, ça me rappelle l’Écosse et ses fissures rébarbatives ! La suite? Du mixte délicat, des petit placages, et encore quelques beaux mouvements de dry. Bientôt le fameux bivouac 80m sous le sommet, les 2 longueurs, la corniche, le sommet, la joie sur tous les visages, l’émotion, un sentiment de plénitude renforcé par ce magnifique coucher de soleil, juste derrière le Mont Blanc... Et cette vaste étendue blanche, cette mer de nuage que l’on surplombe, n’est pas là un moment magique de la vie d’un alpiniste... Tous ces éléments qui font que malgré la rudesse du milieu, on y trouve un certain plaisir ! Le vent glacial nous rappelle à la raison. Il est 18h, nous devons filer côté italien !

19h, il fait nuit, nous nous posons aux rochers Whymper. Nouveau bivouac. Ce soir le vent est de la partie, mais nous sommes confortablement allongés, certes dans la neige !

 

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Le réchaud, 80m sous le sommet...

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SOMMET !

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Lundi 31 octobre : descente jusqu’au Val Ferret, dans une implosion de coloris, allant du vert foncé au rouge, en passant par le jaune et l’orange. Décidément, cet envers du massif révèle des coins d’une beauté insoupçonnable !

Au premier resto, nous nous enfilons les plats de pâtes, à la Berhault/Magnin !

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Une superbe aventure, un pan de l’histoire de l’alpinisme, cet aspect historique revêtait à mes yeux un caractère aussi important que l’esthétisme du parcours. A perfect line !

Enchantement total !

 

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Mulberry Vesker På Nett 11/10/2012 09:42

of Nagaoka SASQUATCHfabrix, full av unike stil, og en egen fraksjon. Sesongen til "Modern Ninja" åpnet som et tema

Christian Louboutin UK 08/06/2012 04:29

Run is the longest distance, in order to raise money for the Foundation for breast cancer treatment in Australia.