Dolos 2010 : l'univers des grandes parois !

Publié le par Yann Borgnet

28 juin, 8h c'est le grand départ. Ca soulage après d'interminables préparatifs ! Un saut chez Camp et au Vieux, puis direction le tunnel du Mont Blanc ! Abonnement périmé... ça commence bien ! On en reprend un, puis on file. Reste toute l'Italie à traverser, et c'est fort long ! Il faut tout d'abord apprendre un nouveau style de conduite " à la Milanaise " ! Complètement à l'audace et chacun pour soi ! Dès qu'on a compris, ça paye bien. Il nous faudra quand même 1h pour traverser cette satanée ville !

Ce n'est que vers minuit et demi que nous arrivons à Cortina ! Journée harassante, mais quel plaisir de se retrouver enfin dans le paradis de l'escalade trad et entouré de hautes murailles déversantes !

Le proget initial pour le lendemain était la Brandler/Hasse à la Cima Grande. Ce sera finalement une voie plus facile, mais pas moins longue : La CONSTANTINI-APOLLONIO aux Tofana di Rozes. Une impressionnante muraille ! La voie se déroule sur la droite de la paroi, là où elle est moins grande, là où elle fait quand même 500m !

 

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La voie se situe dans le grand pilier à droite du sommet, le deuxième en partant de la gauche. Elle passe dans les toits jaunes.

 

La voie se décompose en 3 parties :

   - La première remonte une grande fissure en ascendance vers la gauche. Une fissure bien visible du parking, qui permet de la belle grimpe pas trop dure, et facilement protégeable ! De toutes façons, on ne rajoute pas grand chose, l'équipement est en place !

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Le pilier ! On voit bien la grande fissure qui raye la face sur la 1ère partie.

 

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Rob dans la fissure

 

   - La deuxième section est beaucoup plus raide et jaune (= déversante dans les dolos). Ca grimpe en libre, c'est pas facile et c'est dément ! Rob attaque par une belle longueur terminant par un surplomb pas si évident à négocier (à la louche 6c/+). Bon gainage oblige !

 

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Rob enchaine avec classe le toit !

 

Je prends la suite : une belle longueur dans un mur jaune, puis un petit surplomb. La clé, un petit blocage qui fait tout de même bien mal aux bras !

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Le passage du toit, 6b+/c

 

On arrive ensuite sur une bonne vire, sous une cheminée déversante qui rebute à première vue. Le fameux passage du "schiena di mulo". C'est Rob qui s'y colle ! On a pas l'habitude, et cela procure des sensations nouvelles ! N'est-ce pas le but de tout grimpeur de découvrir ainsi de nouveaux styles?!

 

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   - Une troisième section facile, à corde tendue !

 

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Et voilà une ascension expresse comme on les aime (4h30) ! Même si le chrono n'est pas le but, on est content quand ça déroule !

Une petite photo au sommet, et on descend tranquillement, d'abord dans la neige, puis dans les pierriers. A peine nous arrivons à la voiture, qu'il se met à pleuvoir, une bonne averse !

 

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La rare végétation qui pousse dans les pierriers des Dolos, c'est pas pour nous déplaire !

 

Ensuite, nous rejoignons Cortina, mais manque de bol, ils goudronnent la route sans issue qui mène au refuge Dibona... Nous somme pris au piège ! Après 2h d'attente, nous pouvons enfin rouler. Petite promenade dans la capitale des dolos, puis direction Misurina, son lac et ses Tre Cime ! Nous dormons peu avant le péage.
Le lendemain, réveil 5h30 et départ immédiat pour monter à Auronzo sans payer les 20 euros exigés au péage à partir de 6h (du vol...). Aujourd'hui, objectif Brandler/Hasse ! Une voie historique, que je veux faire depuis un moment. Je peux vous l'assurer, je n'ai pas été déçu ! 

 

DSC04331.jpgUn peu de douceur et de poésie avant l'austérité de la face nord, monde minéral oblige !

 
Les premières longueurs sont faciles, mais l'ambiance est là. Je tremblais dans du 5, véridique ! J'ai jamais ressenti cette sensation de verticalité, d'ampleur... Cette face est majestueuse ! 

 

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Ca se voit pas forcément, mais le dévers y est !

 

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Rob s'amuse avec le vide dans la traversée qui permet de rejoindre les difficultés !

 

Après la traversée, les premières difficultés arrivent : deux magnifiques 6c ! Le seul reproche : la spitomania du XXIème siècle n'a pas épargné cette voie historique... 4 spits dans la première longueur, aucun d'indispensable, aucun de nécessaire. Comme le disait si bien Berhault, lorsque que l'on affronte le rocher, si on n'a pas le niveau nécessaire on le laisse aux autres, mais il restera peut-être à jamais inviolé ! Avec les spits, il n'y a plus d'infranchissable, d'impossible... La bêtise humaine, le sentiment de vouloir systématiquement tout dompter se rappelle ici à nous ...

Cela enlève le sentiment d'engagement, et fait de cette voie une escalade beaucoup plus accessible. Cette voie reste néanmoins un chef-d'oeuvre, qu'il faut appréhender avec un certain entraînement ! La retraite est assez problématique du fait du dévers, mais surtout des traversées !

 

DSC04349.jpgDébut des difficultés : un grand 6c magnifique. A déplorer : les spits qui ont été placés avec un manque de considération et d'éthique évident !

 

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Deuxième 6c, toujours aussi classe. En plus, la spitomania a moins sévi !

 

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DSC04364.jpgTraversée en 6b sans trop de pied permettant de rejoindre le fameux dièdre déversant...

 

Enfin, nous arrivons au pied du fameux dièdre ! Les dévers sont là, l'ambiance aussi ! Je suis impatient d'affronter ces dévers, ça tombe bien : la première longueur est pour moi !

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DSC04369.jpgPremière longueur du dièdre, on s'enfile déjà 3 toits, et c'est pas terminé ! (7a)

 

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DSC04378.jpgL'ambiance du grand dièdre... Mythique !

 

Je m'y attendais, ce passage est fantastique. Une bonne conti (que je n'ai pas) est vivement recommandée ! Les cotations du topo-livre d'Arnaud Petit sont plutôt sympa-cool! Sans vouloir tout décoter, cette première longueur est un petit 7a. Peut-être que le vide et l'équipement sont des paramètres entrant dans les cotes.

La seconde longueur de 7a : courte et explosive. Le topo nous avait prévenus : cette longueur est souvent humide. Elle l'était en effet, mais les prises nécessaires à la progression étaient sèches !

 

MIJvd.jpgDSC04386.jpgx6xZe.jpgLa 2de longueur de 7a

 

Enfin, il faut s'y résoudre, on arrive au pied de la longueur clé... 7a+ et c'est moi qui m'y colle!

Le départ est facile, puis tout à coup ça se corse ! Je suis déjà rousté, et voulant assurer je mets pas mal de temps à trouver une solution au problème. Finalement j'y parviens ! C'est quasi gagné pour l'enchaînement, reste un 7a en moul !

 

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Le départ, encore bien abordable du 7a+


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Le dévers se fait sentir...

 

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Un peu de répit sur la fin de la longueur : 3 mètres en III !

 

Enfin, le dernier 7a, la fin des grosses difficultés dans notre petite tête... Pas évident en réalité !

 

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Rob enchaine le 4ème 7a ! Ca paraît humide, mais tout ce qui est nécessaire est sec !

 

On pensait donc en avoir terminé avec les difficultés... C'était mal calculé : on était fin juin, les névés fondaient encore et les deux longueurs suivantes consistaient à remonter un véritable canyon... C'est pas forcément dur, mais complètement improtégeable, et contrairement au reste de la voie, plutôt péteux ! Après ces deux longueurs de folie (...), nous avons récupéré la variante de sortie qui part en traversée à gauche. Plus engageant que l'énorme cheminée en dévers et trempée qui nous surplombait !

Un petit passage express au sommet où nous en profitons pour parodier la cordée Berhault/Edlinger lors de leur traversée des Alpes, puis la descente ! Pas évidente du tout ! Dans mes souvenirs, c'était facile et rapide, en réalité, pas facile et plutôt long !

 

En résumé une voie magnifique, une ambiance de folie, un voyage au milieu du vide qui donne des frissons, mais surtout qui donne envie d'y retourner !

 

Après une nuit au parking Auronzo (toujours sans payer, toujours pas pris ou plutôt pas encore pris !), réveil et préparatifs tranquillou. Aujourd'hui, c'est sur la Cima Ovest que nous allons grimper. L'objectif est une vieille voie qui se déroule sur l'impressionnant pilier déversant à droite de la face : "Le Spigolo dei Scoiattoli"

Scoiatolli comme écureuils, le surnom des guides de Cortina.

Le départ est identique à la Cassin, voie mythique et historique de cette face nord!

 

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Le pilier, la voie proprement dite attaque par le franchissement du premier gros toit !

 

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Dans les premières longueurs de la Cassin : le rocher est péteux !

 

On arrive alors au pied du fameux toit ! Je suis impressionné par sa taille : 3m d'avancée au dessus de 150 de vide, c'est une première pour nous ! A priori c'est du 7b, je m'y lance, plus que motivé !

 

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Mulberry Vesker På Nett 10/10/2012 11:41

hele serien er rene, enkle, elegante, kun specielle dekorationer at farve hår hængende strop bold, grøn trapezformet pakke, bære op størrelsen er lige højre, meget iøjnefaldende!

Matthieu 28/07/2010 10:22


et la suite?, didiou!!!